Alicia Faure

Mon expérience au Petit Journal Berlin

Vous trouverez ci-joint une vidéo verticale réalisée et montée par moi-même qui explique quelles sont mes missions au sein du média.

L'innovation éditoriale au sein du média

En tant que stagiaire au sein de la rédaction, j’ai pu observer une adaptation constante aux outils numériques. La production de contenu ne se limite plus à l’écriture d’un article, elle implique aussi une réflexion sur le référencement, la diffusion sur les réseaux sociaux, la temporalité de publication mais aussi l’engagement des lecteurs. En effet, le numérique ne change pas seulement les supports, il transforme aussi les méthodes de travail. 

Vous pouvez en apprendre plus sur ce sujet en écoutant mon podcast, juste ici, avec la participation de Sandrine Ibanez, rédactrice en cheffe de l’édition berlinoise.

Un évènement marquant

À la rencontre des Berlinguistes : quand la timidité des uns bouscule la manière de travailler des autres

À l’université Humboldt de Berlin, ma rencontre avec les Berlinguistes, un groupe d’étudiants traducteurs, créé par le professeur Xavier Bihan, a profondément marqué mon stage. Confrontée à leur timidité et à la barrière de la langue, j’ai dû adapter ma manière d’interviewer et repenser ma posture de journaliste. 

© Bâtiment de la Humboldt Universität - Shvets Anna

Ce jour-là, en arrivant devant le bâtiment de la prestigieuse université Humboldt, au cœur de Berlin, je m’attendais à une rencontre plutôt classique, comme celles que j’avais déjà réalisées pour Le Petit Journal. Le média m’avait confié un sujet sur les Berlinguistes, un groupe d’étudiants qui, sous la direction du professeur de français Xavier Bihan, traduisent et sous-titrent des films, des bandes dessinées ou des pièces de théâtre destinés à de véritables festivals. 

Sur le papier, tout semblait idéal avec un cadre universitaire historique, un projet original, un enseignant passionné et des étudiants motivés. En réalité, cette rencontre a surtout été une leçon sur la manière d’interviewer et d’entrer en relation avec des interlocuteurs peu à l’aise à l’oral. 

Un groupe de traducteurs

Les Berlinguistes sont des étudiants de la Humboldt-Universität qui traduisent des textes dans des conditions très proches du monde professionnel. Leurs sous-titres ont été présentés à Interfilm, à la Französische Filmwoche, mais aussi à Cannes et aux Oscars. Derrière ce collectif se trouve Xavier Bihan, traducteur et sous-titreur de formation, arrivé à la Humboldt après la chute du mur de Berlin avec l’envie de transformer le cours de traduction en expérience concrète. 

© Xavier Bihan à gauche et quelques membres du groupe des Berlinguistes - Alicia Faure

Lorsque j’entre dans la salle où se tiennent leurs ateliers, l’ambiance est studieuse, presque silencieuse. Les membres du groupe, prévenus de ma venue, se tiennent en cercle et chuchotent entre eux. Très vite, je comprends que l’enjeu principal ne sera pas tant le sujet lui-même que la relation à établir avec eux. La plupart ne sont pas francophones natifs et, pour certains, le français est une troisième langue. L’idée d’être enregistrés, voire filmés, les met clairement mal à l’aise. 

L’adaptabilité

D’ordinaire, sortir mon dictaphone est un réflexe rassurant en interview. Ce jour-là, j’ai senti que cet outil créait une barrière supplémentaire qui m’a valu des regards fuyants et des réponses très courtes, parfois chuchotées. J’ai dû ralentir, reformuler, poser des questions plus simples et laisser des silences pour qu’ils puissent chercher leurs mots. 

Cette situation m’a obligée à exercer une qualité que je croyais déjà acquise : l’adaptabilité. J’ai proposé de commencer sans enregistrer, simplement pour faire connaissance. Peu à peu, les visages se sont détendus. Certains sont passés à l’anglais ou à l’allemand pour clarifier une idée, ce que j’ai accepté, quitte à retraduire ensuite. Au lieu de viser une interview très formelle, j’ai cherché une conversation, en m’adaptant au niveau de langue et au rythme de chacun. 

Je suis repartie de la Humboldt avec bien plus qu’un sujet sur un atelier de traduction original. J’ai eu le sentiment d’avoir franchi une étape, cesser de considérer l’interview comme un simple exercice technique pour la voir comme une rencontre qui demande parfois de sortir de sa zone de confort. Les Berlinguistes, qui travaillent dans l’ombre des grands écrans, m’ont appris à être plus attentive à cette dimension invisible du métier, cette forme de confiance que l’on construit, phrase après phrase, de part et d’autre du micro. 

Ma fiche d'autrice

En arrivant au Petit Journal, j’ai pu rédiger ma fiche de contributrice qui apparaît sur le site internet du média. Elle vous permet de retrouver tous les articles écrits par mes soins. 

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