Alicia Faure

Affaire du boucher du Brasc : un crime sordide jugé aux assises de l’Aveyron

Le procès de l’affaire dite du « boucher du Brasc » s’est ouvert ce lundi 19 mai devant la cour d’assises de l’Aveyron à Rodez. Philippe Schneider, 58 ans, sa compagne Nathalie Caboubassy, 45 ans, et un complice, Loup B., comparaissent pour le meurtre, le démembrement et l’incinération du corps de Georges Meichler, surnommé « Diego », un sexagénaire marginalisé retrouvé mort en février 2023 dans le village de Brasc.  

Ce dossier, qualifié d’« hors-norme » par les avocats des parties civiles, a choqué la région par la violence et la cruauté des faits. Tout commence fin janvier 2023, lorsque l’ex-compagne de Georges Meichler dit “Diego”, inquiète de ne plus avoir de nouvelles, alerte la gendarmerie. Peu après, des proches reçoivent des SMS suspects envoyés depuis le téléphone de la victime, au style inhabituel. L’enquête révèle rapidement que la compagne de Philippe Schneider a été vue au volant du véhicule de « Diego ». Les gendarmes découvrent également chez le couple des effets personnels du disparu, dont deux guitares. 

Le suspect passe aux aveux 

Face aux enquêteurs, Philippe Schneider et Nathalie Caboubassy finissent par avouer leur implication. Selon leurs déclarations, le trio s’était rendu chez la victime avec l’intention de lui voler de l’argent et du cannabis qu’il cultivait. La situation dégénère : Georges Meichler est frappé, ligoté, bâillonné, puis laissé seul. Il décède des suites de ces violences. Le principal accusé reconnaît alors avoir découpé le corps à l’aide d’un couteau et d’un couperet de boucher, puis avoir fait cuire et brûler les restes, notamment dans le poêle à bois de la victime et dans des feux allumés dans le jardin. Pour brouiller les pistes, le trio tente de faire croire que la victime est partie en voyage, envoyant des messages à ses proches depuis son téléphone et continuant à utiliser ses aides sociales. L’identification formelle du corps, fortement dégradé, n’a pu être réalisée que grâce à des analyses dentaires. 

Un mobile encore flou 

Le mobile du crime reste flou. Les accusés évoquent un cambriolage qui aurait mal tourné, mais aussi des motifs financiers dérisoires, quelques milliers d’euros, et des rancœurs personnelles non prouvées. La défense insiste sur la personnalité complexe de Philippe Schneider, ancien cuisinier et pizzaïolo, qui se présentait comme « druide » et avait monté une petite entreprise ésotérique dans la région. 

Ce procès, qui doit durer quatre jours, met en lumière la violence extrême de l’affaire, « Ce sont des faits terribles et c’est toujours très douloureux pour la famille », a déclaré Me Yannick Mamodabasse, avocat de la famille de Georges Meichler. Le verdict est attendu jeudi. 

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